Anonyme

AD ARMA FIDELES

[Tours, Bibliothèque municipale, ms 168, n° t.43]

[Paris, Bibliothèque nationale de France, Rés. Vma ms 571, n° d.114]

Attribution

Ce motet est anonyme. Les attributions précédentes sont sans fondement (voir Dossier attributions).

Sources

A.

Anonyme, [sans titre], dans Recueil de motets et chansons de Tours (n° t.43), partition, ms, 365 x 230 mm, f. 63v-64, F-TO : ms 168

(f. 63v en entier ; 1er système du f. 64.)

 

B.

Anonyme, [sans titre], dans Recueil Deslauriers (n° d.114), partition, ms, 352 x 220 mm, f. 98v-99v, F-Pn : Rés Vma ms 571

(3e système des f. 98v-99-99v.)

Comparaison des sources

Ces deux sources témoignent d’un lien et peut-être d’une origine commune. Les variantes sont décrites dans le document Concordances ci-contre. Elles sont analysées dans le dossier de Peter Bennett.

Datation – Provenance

Aucun élément factuel ne permet de dater ce motet pour lequel aucune concordance n’a été établie, ni même de proposer une provenance géographique.

Utilisation liturgique

?

Effectifs – Disposition – Interprétation

sol2,sol2,ut2,ut3,ut4

 

Le motet est composé pour un chœur à cinq parties. Les dessus divisés, chantés par des voix d’enfants, sont accompagnés par trois pupitres de voix d’hommes : haute-contre, taille et basse.

Notes sur le texte

Pour les paroles anonymes de ce centon, aucune concordance littéraire ou liturgique n’a été trouvée. D’après le choix des mots, il s’agit probablement de l’œuvre d’un lettré empruntant à saint Bernard de Clairvaux (« Undique volant, undique pericula » ; « Caro suggerit mollia, mundus vana, diabolus amara ») et à saint Bonaventure (« ad castitatem, ad superbiam, ad humilitatem »).

 

Les paroles de ce motet, telles qu’elles apparaissent dans la source B (mes. 23-33), ont pu sembler ambigües au copiste de la source A, voire même erronées. Dans B en effet, le texte de saint Bonaventure décrivant les vertus des anges est cité textuellement, certaines de ces vertus étant chantées deux fois. Dans A, ce texte se retrouve noté exactement de la même manière, mais le copiste ajoute sous chaque mot répliqué son antonyme : « angeli/dæmones ; tentant/monent ; superbiam/luxuriam ; gloriam/virium » (voir f. 64 du manuscrit). Cette proposition, qui est peut-être de son fait ou qui témoigne d’un usage local, crée des contrastes saisissants. Dans l’édition moderne de la version A, nous avons retenu cette double lecture du texte en ajoutant, comme dans la source, cette version modifiée sur une seconde ligne de texte.

Texte

Version remaniée de la source A par le copiste

 

Ad arma fideles.
    Undique minæ (a), undique pericula, undique volant tela (b).
Ad arma fideles.
    Caro dicit (c) mortalia, mundus vana, diabolus amara.
Ad arma fideles.
    Pugnant angeli, [pugnant dæmones], tentat isti, [monent isti], isti ad castitatem,
    isti ad luxuriam, isti ad humilitatem, isti ad luxuriam, isti ad virtutem, isti virium.
Ad arma fideles.

 

(a) Deslauriers : « bella ».
(b) id. : « Thela ».
(c) id. : « vicit ».

 

Version de la source B

 

Ad arma fideles.
    Undique bella (a), undique pericula, undique volant thela (b).
Ad arma fideles.
    Caro vicit (c) mortalia, mundus vana, diabolus amara.
Ad arma fideles.
    Pugnant angeli, tentant isti, isti ad castitatem, isti ad superbiam, isti ad humilitatem,
    isti ad virtutem, isti ad gloriam.
Ad arma fideles.

 

(a) Tours : « minæ ».
(b) id. : « tela ».
(c) id. : « vdicit ».

Traduction

Version remaniée de la source A par le copiste

 

Aux armes, fidèles.
    Des menaces de tous côtés, des périls
    de tous côtés, les armes pleuvent de tous côtés.
Aux armes, fidèles.
    La chair désigne ce qui est périssable, le monde ce qui est vain, le démon
    ce qui est amer.
Aux armes, fidèles.
    Les anges combattent,
[les démons combattent]. Ceux-ci nous tentent,
    
[ceux-là nous engagent], ceux-là à la chasteté, ceux-ci à la volupté,
    ceux-là à l’humilité, ceux-là à la vertu, ceux-ci à la violence.
Aux armes, fidèles.

 

(traduction  : Jean Duron)

 

Version de la source B

 

Aux armes, fidèles.
    Des guerres de tous côtés, des périls
    de tous côtés, les armes pleuvent de tous côtés.
Aux armes, fidèles.
    La chair triomphe de ce qui est périssable,
    le monde de ce qui est vain, le démon de ce qui est amer.
Aux armes, fidèles.
    Les anges combattent, ils nous engagent à la chasteté, à la fierté, à l’humilité,
    à la vertu, à la gloire.
Aux armes, fidèles.

 

(traduction  : Jean Duron)

 

Résumé

Compositeur

Titre

Ad arma fideles

Effectif simplifié

Cinq parties avec deux voix d'enfants

Effectif détaillé

sol2,sol2,ut2,ut3,ut4

Source

Tours BM : ms 168, n° t.43
Paris BnF (Mus.) : Rés. Vma ms 571, n° d.114

Genre musical

motet

Genres littéraire et liturgique

centon

Identifiant

Utilisation liturgique

?