Guillaume Bouzignac

PRIMA LAMENTATIONUM JEREMIÆ PROPHETÆ [GBc.09]

[Paris, Bibliothèque nationale de France, Rés. Vma ms 571, n° d.56]

Attribution

L’attribution tardive à Bouzignac par Sébastien de Brossard, ajoutée au titre de l’œuvre, n’a aucune raison d’être contestée, puisque le nom de Bouzignac figure aussi à la fin de la pièce, de la main du copiste de la musique. Du reste, Brossard ne semble pas connaître le compositeur, comme il apparaît dans la note qui décrit le recueil dans son Catalogue, p. 297 (voir Bibliographie) : « folio 39v [pour 89] et 93v, il y a deux pieces d’un nommé Bouzignac et un air françois a 4 parties du même, folio 338v. Item la premiere des Lamentations de Jeremie a 4 voc. Fol. 48v ».

Source

Guillaume Bouzignac, A. 3. Voc., CAT et org./ Prima lamentationum Jeremiæ Prophetæ par Bouzignac, dans Recueil Deslauriers (n° d.56), partition, ms, 352 x 220 mm, f. 48v-50, F-Pn/ Rés Vma ms 571

(f.  48v-49v en entier ; 1er système du f. 50)

f. 48v : l’ensemble du titre de la main de Sébastien de Brossard.

f. 50 : « Bouzignac », de la main du copiste de la musique.

Une basse continue, lacunaire, sur une portée propre, a été probablement ajoutée tardivement par un autre copiste.

f. 49v, 1er système : ossia ; le copiste précise “L’un ou l’autre est bon” ; Brossard ajoute “pr la Taille”

Datation – Provenance

Aucun élément factuel ne permet de dater ce motet pour lequel aucune autre concordance n’a été établie. La présence d’une partie de basse continue, peut-être ajoutée et notée sans chiffrages, permet d’envisager une composition tardive dans les années 1640-1650, peut-être plus tard, puisque Bouzignac, engagé à la cathédrale de Clermont-Ferrand en octobre 1643, est cité encore dans cette fonction dans le traité de plain chant de Jacques Le Clerc vers 1665.

Utilisation liturgique

Mercredi saint. Ténèbres.

Effectifs – Disposition – Interprétation

sol2,ut3,ut4

sol2,ut3,ut4 / bc

Ce motet où alternent plain chant et polyphonie, est composé pour trois parties composées d’une voix d’enfant, accompagnée par deux voix d’hommes : taille et basse-taille. La basse continue ajoutée étant ad libitum, on pourra chanter cette leçon a capella. Aucune indication ne figure sur cette partie instrumentale notée sans chiffrage ; toutefois, on remarquera les accords notés sur cette partie (mes. 9, 37-38), destinés à une basse de viole (voir à ce propos la Messe à 4 du 11e ton de Boesset qui suit (n° d.57).

Notes sur le texte

Lamentations de Jérémie (i, 1-4)

Texte

Incipit lamentatio Jeremiæ Prophetæ.

 

Aleph. Quomodo sedet sola civitas plena populo, facta est quasi vidua domina gentium : princeps provinciarum facta est sub tributo.

 

Beth. Plorans ploravit in nocte, et lacrymæ ejus in maxillis ejus : non est qui consoletur eam ex omnibus caris (a) ejus. Omnes amici ejus spreverunt eam, et facti sunt ei inimici.

 

Gimel. Migravit Judas propter afflictionem et multitudinem servitutis : habitavit inter gentes, nec (b) invenit requiem. Omnes persecutores ejus apprehenderunt eam inter angustias.

 

Daleth. Viæ Sion lugent, eo quod non sint qui veniant ad solemnitatem : omnes portæ ejus destructæ, sacerdotes ejus gementes, virgines ejus squalidæ, et ipsa oppressa amaritudine.

 

He. Facti sunt hostes ejus in capite, inimici ejus locupletati sunt : quia Dominus locutus est super eam propter multitudinem iniquitatum ejus. Parvuli ejus ducti sunt in captivitatem, ante faciem tribulantis.

 

Hierusalem, Hierusalem, convertere ad Dominum Deum tuum.

 

(a) Marolles : “charis”.

(b) id. : “non”.

Traduction

Commencement des Lamentations du Prophete Jeremie.

 

Aleph. Comment est-il possible que cette Ville n’aguere si pompeuse soit maintenant comme une abandonnée : La Reyne des Nations est devenuë semblable à une Veuve ; et la Princesse des Provinces est sujette à payer le tribut.

 

Beth. Elle a pleuré toute la nuit, ses larmes ont découlé le long de ses joües ; et il ne se trouve aucun de ses Proches qui la console. Tous ses Amis l’ont méprisée, et se sont rendus ses Ennemis.

 

Gimel. La Judée est captive en punition de l’affliction qu’elle a causée : et reduite qu’elle est en servitude, elle a esté contrainte de se retirer entre les Nations estrangeres, où elle n’a point trouvé de repos. Car tous ceux qui l’ont persecutée, l’ont reduite à l’extremité entre des lieux estroits.

 

Daleth. Les voyes de Sion lamentent, dautant que l’on ne vient plus à la solemnité : toutes ses portes soûpirent, ses vierges sont desolées, et elle-mesme est oppressée par les amertumes de sa douleur.

 

He. Ses ennemis ont dominé sur elle : ceux qui luy ont voulu du mal, ont prosperé, parce que le Seigneur l’a frappée à cause du grand nombre de ses iniquitez : et ses petits ont esté menez en captivité, à la veuë de celuy qui l’a persecutée.

 

Jerusalem, Jerusalem, convertissez-vous au Seigneur vostre Dieu.

 

(traduction : Michel de Marolles, Le Breviaire romain […] en latin et en françois, partie de printemps, Paris, Sébastien Huré et Frédéric Léonard, 1659, p. 624-625)

Édition moderne

Guillaume Bouzignac, Motets, vol. 1, éd. Jean Lionnet, Versailles, Éditions du CMBV, 1998, p. 7 sqq.

Résumé

Titre

Prima lamentionum Jeremiæ prophetæ

Effectif simplifié

Trois voix
Trois voix et basse continue

Effectif détaillé

sol2,ut3,ut4
sol2,ut3,ut4 / bc

Source

Paris BnF (Mus.) : Rés. Vma ms 571, n° d.56.

Genre musical

petit motet

Genres littéraire et liturgique

leçon de ténèbres

Identifiant

Lieu cité

Clermont en Auvergne

Utilisation liturgique

Ténèbres